Nuit de vice - Les chroniques sexuelles d'un solitaire ep1
Ce soir j'arrive pas à dormir. Tout me pèse : les draps moites, la chaleur, mon boulot, mon divorce, bref ma vie. Je regarde mon portable -3h du mat- et soupire. Putain c'est pas cette nuit que je vais combler mon déficit de sommeil. Je sens la bête se réveiller dans mes tripes. Elle feule, elle a faim. La chaleur exacerbe ses envies. C'est foutu pour dormir. Je saisis mon téléphone sur la table basse et me connecte à Tinder. Je doute de trouver quelqu'un à cette heure ci mais on sait jamais. Je regarde quelques profils, dépité : on se croirait sur Meetic. A croire que toutes les nanas cherchent une relation sérieuse et exclusive. Ca a bien changé Tinder, avant c'était pour trouver des plans culs, maintenant c'est Tournez Manèges… Tout se perd. Je swipe, plutôt à gauche. Pas grand chose d'intéressant. Et soudain un match, Ana, une artiste Allemande vivant à Paris. On discute un peu, badinage habituel qui glisse peu à peu sur l'intime. J'ai envie de lui proposer de passer mais je sens dans l'implicite de nos échanges que ça n'est pas une bonne idée. La bête enrage et me fait savoir sa désapprobation. Je jette mon téléphone au bout du lit, et me prend la tête dans les mains. Mais la créature ténébreuse qui agite mon bas ventre ne l'entend pas de cette oreille. A cette heure je ne vois qu'une solution pour relâcher cette foutue pression…
10 minutes plus tard, je suis sur ma moto, direction la Gare de Lyon. Il y a là un sauna D'ou je pourrai assouvir les envies qui me taraudent. Sur le papier c'est un sauna ouvert à toutes les sexualités, en pratique il est surtout fréquentés par des gays, travs ou trans et est réputé pour être très “cash”. Les deux avantages principaux sont qu'il est ouvert h24 et qu'il y a toujours du monde. Je me gare dans une rue transversale et me dirige vers le sauna. La rue est calme, juste quelques bruits de circulation dans le lointain. L'air est lourd, la chaleur emmagasinée dans la journée remonte de l'asphalte dans des volutes presque palpables. Je m'engouffre dans la discrète porte d'entrée, seule une petite plaque indique que je suis au bon endroit.
A l'intérieur il fait frais, un vrai bonheur. Je paie et me dirige vers les vestiaires, saluant au passage trois hommes qui boivent un verre au bar. L'entrée sent la javel et l'hôpital. Des fausses plantes et un zouk braillard tentent maladroitement de donner à l'endroit un look tropical. Une fois nu -pas besoin de serviette pour ce que je suis venu faire - je me dirige vers les salles à l'arrière. Un couloir étroit longe les fameux “ coins câlins”, qui n'ont de câlins que le nom. Coins à baise serait plus approprié. Dans la première pièce, murs rouges et lumières tamisées qui puent le kitsch et la tristesse, trois hommes s'emboitent dans diverses combinaisons. Dans la deuxième, un jeune homme se caresse mollement devant un porno sur un lit trop grand pour lui. Au bout du couloir se trouve la back room. Je m'arrête un instant sur le seuil de la pièce sombre. A l'intérieur j'entend des râles et des soupirs. D'un pas, je pénètre dans les ténèbres. La bête grogne de plaisir. Très vite, je sens une main caresser mes avants bras, puis mes cuisses avant de se rapprocher de mon vit déjà tendu. Le plaisir de ce contact me fait frissonner. D'autres mains sont maintenant sur mes fesses et mon entrejambe. A mon tour, tâtonnant, je trouve un large sexe que je commence à masturber. Il est flasque mais durcit peu à peu. Un corps se serre contre le mien, une bouche cherche la mienne. Je me dégage, embrasser les hommes ne me plait pas. Il fait chaud maintenant dans cette backroom, la sueur perle et balade ses fragrances acres dans l'espace clos. Ces attouchements me lassent, je regagne la pièce à la vidéo porno. Le jeune est toujours là. Je m'assois pas loin de lui sur le lit circulaire et m'abandonne à l'orgie bi diffusée sur l'écran. Maladroitement il essaie de s'approcher de moi en glissant sur le plastique élimé qui couvre le lit. Cela m'amuse, je laisse faire sans quitter les yeux de l'écran. Sans un mot il se penche et prend mon sexe en bouche. C'est un peu mécanique mais il y met de l'enthousiasme ce qui rend la chose plutôt agréable. Je me penche en arrière et m'étale sur le lit. Le miroir au plafond me renvoie l'image de cette tignasse brune qui s'échine sur mon bas ventre avec l'impression étrange de n'être qu'un spectateur lointain de cette fellation dans un sauna glauque du 12eme arrondissement. Je fini par fermer les yeux et me laisser aller. Rapidement le plaisir toque à la porte et je préviens mon suceur d'un soir que je suis au bord de l'explosion. Il se retire doucement et bon prince me finit à la main. Mon sperme chaud jailli en saccades sur sa main et mon bas ventre. Le jeune homme quitte la pièce sans mot dire. Je suis seul, toujours allongé sur le lit. Au fond de moi, la bête ronronne d'aise. Je vais peut être pouvoir enfin dormir.