Pourquoi je ne vais plus en sauna libertin ( mais aimerai y retourner
J'ai aimé les saunas libertins dès la première fois où j'y ai mis les pieds. Enfin non, pas la première fois. Celle-ci fut catastrophique, et cela fera peut-être l'objet d'un futur récit. Dès la deuxième fois donc.
J'ai été séduit par ces endroits où l'indolence et le stupre se mélangent. Où les corps nus déambulent et se mêlent sans gêne ni fausse pudeur. Et pourtant, malgré cela, j'entretiens encore aujourd'hui un rapport compliqué avec ces lieux, qui m'en tient éloigné. Cette ambivalence est due, d'une part, à mon approche du sexe et du libertinage et, d'autre part, au fait que je sois seul.
Côté sexe, si vous m'avez un peu lu jusqu'à présent, vous savez que je suis plutôt cérébral et que j'ai besoin de créer du lien avec mes partenaires. Alors, qu'est-ce que je vais traîner dans des lieux libertins où les rencontres sont rapides et éphémères ?
C'est vrai : en général, on ne va pas là-bas pour bavarder, et on sait rarement grand-chose des personnes avec qui l'on coquine ; le plus souvent, même pas leur prénom. En matière de lien, on repassera !
Et pourtant… J'aime ces moments fugaces, ces regards, ces approches, cette concupiscence favorisée par la nudité des corps et des désirs, ainsi que par la promiscuité voulue par les lieux. J'aime voir et être vu, j'aime participer. Pourquoi ? Je ne détiens pas vraiment la réponse. Une excitation incontrôlée ? Une part de fantasme inassouvi ? Peut-être.
J'ai commencé à libertiner en couple, et mes premières expériences en sauna se sont faites à travers ce prisme. Après mon divorce, et après avoir décidé de continuer en solo, j'ai découvert une toute autre expérience, qui m'a demandé un certain temps d'adaptation.
On ne libertine pas seul ou en couple de la même manière. Lapalissade, me direz-vous. Pourtant, il faut le vivre pour en saisir pleinement le sens.
J'ai toujours eu le sentiment que, lorsqu'on est un homme seul sur les sites de rencontres ou dans les lieux libertins, on devient un parmi tant d'autres. Au pire, totalement invisible ; au mieux, un simple numéro dans la masse.
J'ai détesté ces moments de solitude où j'observais ces meutes d'hommes, chibres au clair, graviter autour des rares couples ou femmes seules présents, tels des prédateurs affamés. Je m'y suis senti comme un morceau de viande interchangeable, soumis aux diktats de la performance et de l'apparence. J'ai débandé. J'ai fui. J'ai regretté d'y être allé.
Jamais au grand jamais je ne voulais être assimilé à cette multitude en rut. Alors j'ai pris mes distances avec ces lieux qui pourtant m'attiraient tant et m'avaient offert, par le passé, de si lubriques émotions.
Paradoxal, moi ? Oui. Mais vous étiez prévenus.
Néanmoins, je ne perds pas l'espoir de retrouver un jour quelqu'un avec qui je pourrais y retourner, en confiance...