Sensation de malaise sur les sites de rencontre
Hello à toutes et tous.
Je suis un vieux de la vieille sur ses sites comme dirait l'autre, présent avant en couple, là dans une recherche seul. Et j'avais envie de vous partager une idée, quelque chose que j'ai créé suite à la sensation réel d'inconfort qu'on est nombreux à ressentir sur les sites lib (couples comme hommes ou femmes solo).
Dans mon cas s'y ajoute le fait d'être non-voyant, donc d'abord la sensation d'être exclu de tout se qui tourne autour des images etc sans pour autant me sentir assez à l'aise pour aller en club.
Et d'autre part le fait pré-existant de ne pas savoir à quoi son corps ressemble, chercher à gagner en assurance sur se point.
Je sent que le post pourrait sauter désolé d'avance pour les modo, je précise de suite que j'estime pas faire une Concurrence de quelque sorte que ce soit, je suis personne et se que j'ai développé ne paise rien.
Spicy Moment : le site libertin que j'aurais aimé trouver ailleurs
Je vais commencer par me présenter, parce que Spicy Moment n'est pas né d'une étude de marché menée entre trois PowerPoint, deux consultants et un café tiède.
Je suis développeur, aveugle, en couple ouvert, et avec ma conjointe on connaît assez bien les sites libertins.
On y a rencontré quelques personnes très chouettes.
Mais les rencontres qui sont réellement entrées dans notre vie, celles qui sont devenues des amitiés, du désir, de l'affection et parfois quelques vêtements abandonnés dans des endroits improbables, se sont surtout faites dans la vraie vie.
Avec de vraies personnes devant nous.
Du temps.
Des discussions.
Des apéros qui durent trois heures au lieu de vingt minutes.
Des regards qui commencent tranquillement au niveau des yeux avant de découvrir que l'anatomie humaine continue plus bas.
Bref : le feeling.
Sur les sites, en revanche, on a surtout découvert une mécanique capable d'épuiser tout le monde.
Quand tu es un couple, tu peux recevoir des dizaines de sollicitations.
Au milieu, il y a certainement des types adorables.
Le problème, c'est de les reconnaître dans la marée.
Tu as le traditionnel :
« Salut, moi c'est Robert. »
ROBERT69 est écrit juste au-dessus.
Merci Robert.
L'enquête piétinait.
Puis vient le CV :
« Je suis gentil, propre, respectueux, j'écoute ma partenaire… »
Très bien.
Mais normalement ça, c'est le plancher, pas les options cuir chauffant.
Après, tu as les copiés-collés, les photos de bite en guise de poignée de main, le type pour qui trois minutes sans réponse constituent une violation de la Convention de Genève, et notre délicat poète :
« Tes lèvres feraient un beau collier pour ma bite. »
Eh bé.
Bonjour à toi aussi.
Et non, j'pense pas, mon gros.
On a même eu le maître-chanteur qui explique à ma conjointe qu'il l'a reconnue, connaît sa famille et révélera qu'elle est libertine si elle n'est pas « sage ».
Petit problème : on était en vacances à plusieurs centaines de kilomètres de chez nous et on ne connaissait absolument personne dans le coin.
Moriarty avait encore frappé.
Plus pénible : le mec sympa au départ qui devient progressivement envahissant, te parle toute la journée comme si ton couple avait ouvert un téléphone rose gratuit, puis revient avec d'autres comptes quand tu le bloques.
À force, les couples répondent moins.
Ils trient plus vite.
Ils deviennent méfiants.
Mais je ne raconte surtout pas ça pour taper sur « les hommes seuls ».
J'en suis un aussi dès que je joue sans ma conjointe.
J'ai un zizi, il fonctionne très bien, merci pour lui, et je connais donc aussi l'autre côté de cette mécanique.
Et là, c'est le désert.
Tu lis le profil.
Tu écris un vrai message.
Tu essaies d'être drôle sans être lourd.
Tu évites « bonjour, voici mon pénis ».
Tu respectes le silence.
Et tu restes quand même le cinquante-et-unième message reçu par un couple déjà rincé par les cinquante précédents.
Eux finissent par voir un potentiel emmerdeur derrière chaque « salut ».
Toi, tu regardes ton compte avec l'enthousiasme d'un cardiologue devant l'électrocardiogramme d'un mourant.
« Je suis respectueux. »
Déjà dit.
« Je cherche le feeling. »
Déjà dit.
« J'aime donner du plaisir. »
Robert l'a déjà envoyé à 83 couples depuis mardi.
Même si tu écris en chinois, quelqu'un a probablement déjà tenté.
Moi, à la fin, je n'écrivais presque plus.
Pas parce que je n'avais plus envie de rencontrer des gens, mais parce que je ne voyais plus comment écrire « je ne suis pas un gros lourd » sans employer exactement les mêmes mots que les gros lourds.
Et c'est là que le système devient franchement con.
D'un côté, des gens croulent sous les sollicitations.
De l'autre, des gens ont l'impression de n'exister pour personne.
Performance remarquable.
C'est une bonne partie de la raison d'être de Spicy Moment.
Parce que nos meilleures rencontres n'ont jamais ressemblé à un supermarché de nichons, de bites et de fesses où chacun essaie de mettre le bon produit dans son panier.
Elles sont arrivées quand les bonnes personnes se sont simplement retrouvées au même endroit.
Alors plutôt que de fabriquer un énième algorithme chargé d'expliquer à la nature qui devrait rencontrer qui :
on crée des moments.
Et ensuite, on lui fout un peu la paix.
Elle fait ce boulot depuis nettement plus longtemps que nous.
Concrètement ?
Tu dois faire trois heures de route.
Torride.
Tu proposes ton trajet sur Spicy comme un covoiturage classique : départ, arrivée, horaires, places, partage des frais.
Sauf que tes passagers viennent de la même communauté.
Peut-être qu'il ne se passera rien.
Peut-être que vous allez rire comme des cons pendant tout le trajet.
Peut-être vous revoir.
Et peut-être qu'un jour, avec sensiblement moins de vêtements, vous vous demanderez comment tout ça a commencé par un partage des frais d'essence.
Même principe pour les hébergements.
Tu sais avant de réserver quelle ambiance est possible : naturisme, voyeurisme, exhibitionnisme, ou juste tranquillité.
Tu peux voir qui occupera les autres chambres et discuter avec eux.
Deux couples découvrent qu'ils seront voisins ?
Ils prennent l'apéro.
Ensuite ils discutent, gardent leurs pulls, les enlèvent, découvrent que la grande table du salon possède des usages non documentés par son fabricant ou finissent chacun dans leur chambre à ronfler comme des tracteurs.
Je vous fais confiance pour la suite.
Et surtout :
« naturisme accepté » ne signifie pas « cul obligatoire à 22 h 30 ».
Une possibilité n'est pas une prestation incluse avec les draps.
Ça nous amène justement à un choix beaucoup plus important.
Sur Spicy Moment, il n'existe pas de « profil couple ».
Il existe des personnes.
Deux comptes peuvent former un couple.
Trois un trouple.
Plusieurs partenaires une relation polyamoureuse.
Et si votre constellation sentimentale ressemble au plan du métro parisien après trois mojitos, le site survivra.
Parce qu'un couple n'est pas une personne.
Ce sont plusieurs humains.
Plusieurs désirs.
Et, détail assez pertinent lorsqu'on commence à retirer les pantalons, plusieurs consentements.
Ce choix vient notamment d'une expérience qui m'est restée en travers de la gorge.
Sur un autre site, je discute avec un profil présenté comme un couple.
Rapidement, je comprends que je ne parle qu'à monsieur.
Madame n'apparaît jamais.
Ça m'emmerde déjà un peu : la rencontre envisagée est quand même censée la concerner de très près.
Puis monsieur m'explique son fantasme.
Il voudrait voir un autre homme coucher avec sa compagne sans préservatif et éjaculer en elle.
Le fantasme ?
Je le comprends très bien.
Avec ma conjointe, on a vécu entre autres une scène qui jouait justement avec quelque chose de très primal.
Elle donnait du plaisir à un autre homme, pleinement parce qu'elle en avait envie, puis elle est revenue vers moi.
Je me souviens du bruit, de l'odeur, de son excitation, de cette proximité presque animale et surtout de la voir complètement maîtresse de ce qu'elle faisait.
Elle choisissait.
Elle prenait.
Elle donnait.
Elle lâchait prise précisément parce que personne ne lui retirait le contrôle.
Et moi, la voir aussi libre, aussi sexuelle, aussi pleinement elle-même, ça me faisait tourner la tête.
Donc oui.
Je comprends très bien qu'un homme puisse être excité par quelque chose de cet ordre-là.
Le problème n'était pas son fantasme.
Le problème tenait dans quatre mots :
elle avait dit non.
Sa compagne exigeait le préservatif.
Et monsieur avait donc imaginé une solution.
Lui et moi pourrions le percer discrètement avant la rencontre.
Puis préparer ensemble le mensonge :
« Merde, il a craqué. »
Oups.
Pas de chance.
En clair, il me proposait de préparer une agression sexuelle contre sa propre compagne puis de lui mentir ensemble pour qu'elle ne sache pas ce qu'on lui avait fait.
Fin de la discussion.
Mais moi, je suis resté avec une impuissance assez terrible :
je ne pouvais pas la prévenir.
Je ne savais même pas si elle avait accès à ce fameux « profil couple ».
Des années plus tard, quand j'ai commencé Spicy, je n'avais pas oublié ça.
Donc chez nous, personne ne possède le bouton :
« consentir à la place de mon conjoint ».
Chacun a son compte.
Quand plusieurs personnes sont concernées, elles valident ensemble.
Oui, ça fait parfois un clic supplémentaire.
Nous réfléchissons actuellement à l'ouverture d'une cellule psychologique pour les survivants.
Même logique pour les médias.
Tu tombes sur une vidéo où plusieurs personnes s'amusent manifestement beaucoup.
Très bien.
Mais chacune savait quoi ?
Qu'elle était filmée ?
Que la vidéo serait montrée aux copains ?
Qu'elle serait publiée devant tout le site ?
Sous quel titre ?
Parce qu'entre :
« Oui, tu peux nous filmer »
et :
« Oui, tu peux publier ça devant trois mille inconnus »,
il y a quand même quelques kilomètres.
Sur Spicy, chaque personne visible valide la publication.
Même média.
Même confidentialité.
Même public.
Si quelqu'un veut ensuite élargir le public, on redemande.
Le consentement n'est pas un forfait data illimité.
Même principe pour certaines fonctionnalités.
Tu proposes gratuitement une chambre parce qu'entendre tes invités s'amuser derrière la cloison t'excite.
Ils arrivent.
Vous mangez.
Vous rigolez.
Puis ils vont se coucher.
Et…
rien.
Pas un gémissement.
Pas une fesse qui claque.
Même pas un sommier suffisamment enthousiaste pour nourrir ton imagination.
Tu n'as pas acheté une prestation sexuelle avec ton matelas.
Une envie n'est pas une dette.
Une conversation brûlante mardi n'est pas un contrat pour samedi.
Et quelqu'un qui avait très envie il y a dix minutes peut parfaitement ne plus avoir envie maintenant.
Ça ne rendra personne magiquement vertueux.
Ça rend simplement certains angles morts plus difficiles à exploiter.
Et au vieux :
« T'inquiète, ma femme est d'accord »,
on peut répondre :
Très bien Gérard.
Alors elle peut cliquer elle-même.
Puisqu'on parle de médias, parlons accessibilité.
Je suis aveugle.
Et sur un site libertin, quand toute la conversation devient :
« Putain, la troisième ! »
« Cette position ! »
« Quel cul ! »
moi j'entends souvent :
« Image. DSC7382.jpg. »
Formidable.
Mystérieusement, personne n'a jamais signalé avoir mouillé sa culotte grâce à un nom de fichier JPEG.
Alors sur Spicy :
pas de texte alternatif, pas de publication.
Un texte alternatif, c'est simplement une description écrite de l'image que les lecteurs d'écran peuvent lire.
Qui est là ?
Quelle posture ?
Quelle ambiance ?
Qu'est-ce qui attire le regard ?
Le but n'est pas d'écrire Guerre et Paix à chaque paire de fesses.
Juste que tout le monde puisse profiter du spectacle.
Et si tu ne sais pas quoi écrire, une IA locale peut t'aider.
Locale.
Parce qu'aider une IA grand public à reconnaître ton chat, pourquoi pas.
Lui envoyer les photos très intimes de ta soirée pour qu'elle t'explique ensuite ce qu'il y avait dessus, c'est peut-être un moment assez mal choisi pour découvrir sa politique de confidentialité.
Et il n'y a pas que les images.
On peut écrire.
Raconter.
Publier de l'audio.
Une histoire.
Un fantasme.
Une masturbation guidée.
Une prise enregistrée directement dans la chambre, au plus près des respirations, des gémissements, des mots crus et de tous ces petits bruits intimes qui rendent soudain le casque beaucoup plus intéressant.
Ou exactement l'inverse :
le micro derrière la porte, les voix étouffées, les gémissements qui traversent l'isolation et le sommier transformé en métronome indiscret.
Dans un cas, on veut presque avoir l'oreille dans le lit.
Dans l'autre, tout le plaisir vient de la porte qu'on ne franchit pas.
Parce que l'érotisme n'a jamais été réservé aux yeux.
Et je suis loin d'être le seul aveugle à avoir une sexualité.
Qu'elle mouille, qu'il durcisse, qu'on aime les chattes, les bites, les nichons, les fesses ou simplement les corps qui nous font envie, les libertines et libertins aveugles ont aussi droit au plaisir sur Spicy.
Et il y a un effet secondaire amusant :
décrire une image érotique oblige à vraiment la regarder.
La posture.
L'expression.
Le détail qui vous excite.
Ce que vous voulez faire ressentir à quelqu'un qui ne la voit pas.
Vous pensiez remplir une contrainte d'accessibilité.
Vous pourriez bien découvrir un nouveau jeu.
Côté sécurité, même philosophie : protéger réellement les personnes plutôt que coller « sécurisé » partout avec un petit cadenas.
Certaines informations, comme une adresse précise, peuvent être placées dans un coffre chiffré de bout en bout.
À l'inverse, les conversations supprimées restent conservées pendant une durée limitée.
Parce que si après une rencontre quelqu'un écrit :
« Oui, tu avais dit non, mais je pensais que tu changerais d'avis »,
puis réalise trois neurones plus tard que ce chef-d'oeuvre n'était peut-être pas destiné à la postérité, le bouton supprimer ne doit pas devenir une chasse d'eau pour preuves embarrassantes.
Pour les médias privés, même pragmatisme.
Aucun site ne peut empêcher la technologie de piratage ultime appelée :
« prendre un deuxième téléphone et photographier le premier ».
On ne vendra donc pas de sable magique.
Le but est simplement que voler le contenu intime de quelqu'un ne soit pas aussi facile que :
clic droit, enregistrer sous, merci pour tes fesses, bisous.
Je le sais d'autant mieux que du contenu appartenant à ma conjointe et moi a déjà été récupéré sans notre accord ailleurs.
Ça laisse une sale impression.
Et quelques années plus tard, une excellente liste de fonctionnalités à ne surtout pas oublier quand on développe sa propre plateforme.
Bon.
Après le consentement, le chiffrement et les textes alternatifs, vous imaginez peut-être une forteresse libertine administrée par douze juristes cul nu, trois cryptographes la bite à l'air et un huissier en porte-jarretelles.
Rassurez-vous.
Le but reste quand même de rencontrer des gens.
Il y a notamment un salon public éphémère où on peut simplement venir parler.
Pas besoin d'arriver en brandissant son contrôle technique sexuel :
« Homme, 38 ans, propre, respectueux, polyvalent, vidange récente, cherche couple garagiste. »
Tu racontes une connerie.
Tu demandes qui va à telle soirée.
Tu flirtes.
Tu ne flirtes pas.
Tu parles des meilleurs restaurants du coin et vingt minutes plus tard quatre personnes débattent très sérieusement de l'endroit le plus improbable où elles ont déjà reçu une fessée.
Bref :
des humains.
Je crois beaucoup moins à :
« Compatibilité sexuelle : 94, 7 %. Veuillez maintenant retirer vos sous-vêtements. »
qu'à quelqu'un qui te fait rire.
À la personne que tu n'aurais jamais contactée sur son profil.
Au couple rencontré en covoiturage.
Aux voisins de chambre avec qui l'apéro devait durer vingt minutes et qui sont toujours là trois heures plus tard avec sensiblement moins de vêtements.
C'est ça que j'aimerais voir vivre.
Maintenant, transparence totale :
Spicy Moment sort tout juste de l'usine.
Et l'usine, c'est essentiellement moi.
Je développe seul.
Et comme je suis aveugle, l'interface visuelle me ressemble un peu :
on sent que quelqu'un avait probablement l'intention de rendre le machin fonctionnel avant de décider que l'esthétique était un concept légèrement surfait.
Pour savoir si mon propre site est moche, je suis obligé de demander aux autres.
Position assez confortable finalement.
Tant que personne ne me dit rien, de mon point de vue tout est magnifique.
D'après mes cobayes voyants, Spicy est sobre, fonctionnel et plutôt propre.
Ce qui lui fait déjà plusieurs points communs avec les tractopelles, les bateaux à moteur, les ouvre-bouteilles, les cuillères à glace et, par extension, son développeur.
Oui.
« Par extension ».
Elle était gratuite.
Et il faut vous prévenir d'un dernier détail.
Pour l'instant, il n'y a presque personne.
Vraiment.
La densité de population ferait passer la Creuse pour Tokyo.
Certains soirs, le salon possède probablement davantage de fonctionnalités que d'êtres humains.
C'est le paradoxe de tout nouveau site de rencontre :
pour que les gens viennent, il faudrait déjà qu'il y ait des gens.
Et pour qu'il y ait des gens…
il faut bien que les premiers viennent.
Me voici.
Donc ne venez pas en espérant immédiatement trente hébergements, douze covoiturages et un jacuzzi rempli de libertins à trois kilomètres.
Venez plutôt si l'idée vous amuse de faire partie des premiers.
Tester.
Casser des trucs.
Proposer des idées.
Créer les premiers trajets, hébergements, discussions et contenus.
Parce que je peux écrire le code.
Je peux construire les outils.
Je peux réfléchir aux règles.
Mais il existe quelque chose que je ne peux pas coder :
les gens.
Et manque de bol, c'est précisément ce dont Spicy a le plus besoin.
Alors venez avec vos différences, vos corps, vos envies, vos limites et vos curiosités.
Couples, célibataires, polyamoureux, LGBT+, personnes trans, handicapées, vieux routards, grands timides, joyeux débutants, gens qui savent exactement ce qu'ils aiment et gens qui sont encore en train de le découvrir.
On ne désirera pas tous les mêmes personnes.
On ne voudra pas tous les mêmes choses.
Heureusement.
On peut venir boire un verre, rire, se faire des amis, tomber amoureux… ou parce qu'une femme a très envie d'explorer une autre femme, qu'un mec lorgne sérieusement sur le beau mâle d'en face, que quelqu'un rêve de sentir une cravache claquer sur ses fesses ou que trois personnes viennent de comprendre simultanément qu'elles n'ont aucune raison d'en laisser une regarder les deux autres.
On peut aimer regarder, être regardé, prendre les commandes, les abandonner, jouer avec les genres, les corps et les rôles.
Et on peut aussi garder tous ses vêtements et refaire le monde jusqu'à trois heures du matin.
Pour savoir qui fait quoi avec qui, comment, dans quel sens et jusqu'où :
je vous fais confiance.
La nature a beaucoup plus d'imagination que mon code.
Parce que le monde, soyons francs, donne régulièrement l'impression de partir joyeusement en couille.
Et dans ce bordel-là, réussir encore à se retrouver, rire ensemble, prendre soin les uns des autres, se désirer sans se posséder, s'aimer de toutes les façons que les humains ont inventées et profiter du temps qu'on a ensemble est peut-être l'une des dernières choses véritablement sensées qu'on puisse faire.
Spicy Moment est ma petite tentative pour y contribuer.
Le décor est planté.
La porte est ouverte.
J'ai apporté le site.
Pour le reste, je compte sur la nature.
Et un peu sur vous.